Wanted (avec ou cent)
Wanted (avec ou cent)
Enquête sociologique sur une population de célibataires toulousains.
La présente enquête ne prétend pas emprunter l’ensemble des méthodologies qualifiées scientifiquement par le monde académique mais plutôt refléter un portrait « sociologique » des célibataires toulousains au début des années 2010.
Le travail effectué a consister en la passation de 117 questionnaires auprès de célibataires ayant participé au projet de création d’un portrait d’ensemble par l’artiste plasticienne Sandrine Follère en 2011 et 2012. Ce sondage aléatoire a été complété par un travail approfondi d’entretien semi directif auprès de 37 célibataires recrutés au cours du travail de terrain. En effet une enquête de terrain a été menée dans des lieux couramment fréquentés par la population de célibataires toulousains : clubs de loisirs de célibataires, bars et boites de nuit, clubs libertins. Enfin, durant plus d’un an, une fréquentation quotidienne des sites internet de rencontre a été réalisée, avec de nombreux échanges avec les internautes célibataires fréquentant les sites sélectionnés.
LE QUESTIONNAIRE
Une polulation hétérogène
Femmes 56 %
Hommes 44 %
Les célibataires de sexe féminin ont été plus enclines à participer au projet wanted. Ce différentiel renforce légèrement leur représentation dans le projet par rapport à leur pourcentage au sein des célibataires en France qui est équitablement réparti entre hommes et femmes. Les femmes ont également eu plus de facilité à remplir le questionnaire et à discuter de leur statut au cours des entretiens. On retrouve ici les caractéristiques traditionnellement féminines de communication et d’expression de soi.
Ages
24 à 29 17%
30 à 39 28%
40 à 49 32%
50 à 59 15%
60 à 64 8%
Ce sont les célibataires entre 30 et 49 ans qui ont très fortement participé au projet, marquant ainsi la catégorie d’age la plus préoccupée par son statut de célibataires. Les questionnaires comme les entretiens ont ainsi confirmés l’investissement moindre des plus jeunes dans une ré flexion sur leur statut de célibataire, mais surtout le progressif désengagement des plus âgés de leur statut sentimental et affectif.
Il est à noter qu’aucun célibataire homme ou femme au delà de 65 ans n’a spontanément participé au projet. Cette enquête ne répond pas aux questionnement légitimes sur le statut de célibataire du 3ème et 4ème âge. Une enquête reste à mener dans les lieux fréquentés par cette catégorie de célibataires dont les recherches menées par d’autres enquêtes montrent que, pour certains, une véritable quête sentimentale et affective subsiste.
Des déclarations de comportements différenciés selon le sexe
En ce qui concerne les pratiques sexuelles des célibataires, les hommes, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, déclarent avoir une vie sexuelle régulière a 40% et occasionnelle à 58%, seulement 2% d’entre eux déclarent avoir une vie sexuelle inexistante (et expliquent alors cela par des problèmes de santé).
Les hommes se disent prêts à 88¨% à vivre des relations sexuelles sans engagement et trouvent très majoritairement leur vie sexuelle « épanouie », « acharnée », « délicieuse », etc.
En revanche, les femmes déclarent à 44% avoir une vie sexuelle inexistante, 36% occasionnelle et seulement et seulement 20% régulière. Parmi les femmes déclarant avoir une vie sexuelle inexistante, une grande part d’entre elles revendique pourtant une sexualité épanouie et que « tout va bien ». 56% des femmes se disent cependant prêtes à vivre des relations sexuelles sans engagement, mais disent certaines, elles « commencent à se lasser », ou bien c’est « faute de mieux ».
Les positionnements traditionnels des deux sexes se donnent à voir de façons très marquées dans les déclarations des célibataires ayant participé au projet. Cependant, l’enquête de terrain, comme les entretiens semi-directifs ont nuancé ces positionnements classiques. En effet, l’auto déclaration des célibataires reste très fortement marquée par la surestimation des pratiques sexuelles des hommes et la sous-estimation de celles-ci chez les femmes.
Et que font-ils pour favoriser la rencontre ?
Paradoxalement, et bien que l’enquête de terrain ait largement remis en question ce positionnement pour bon nombre de célibataires (présence sur les sites de rencontre, dans les clubs de rencontre et les lieux de « fête » comme les bars et les clubs libertins, seulement une quinzaine de réponse dans les questionnaires reconnaissent qu’ils ont une action spécifique visant à favoriser la rencontre. Les célibataires déclarent dans les questionnaires qu’ils se contentent de voir leurs amis et leur famille et se sentent bien comme ils sont. Peu d’entre eux admettent être victimes de discrimination et ressentir des moments de solitude. « Je ne cherche pas », « je n’ai pas de plan précis », ils déclarent également ne pas avoir de loisirs dans le but de favoriser la rencontre.
Au contraire, les entretiens ont révélé l’existence de beaucoup de solitude vécu et subie, d’un grand désir d’évolution du statut de célibataire vers celui de couple et de nombres de désillusion dans leurs relations sociales, notamment pour la fréquentation des couples amis. Les célibataires, lorsque l’on approfondi la discussion évoquent alors beaucoup la solitude, leur désir de rencontrer un ou une partenaire. Nombre d’entre eux reviennent sur leur expériences malheureuse dans le cadre d’une « quête » faite de tentatives sur des sites de rencontre ou au cours de loisirs dirigés plus ou moins consciemment vers la rencontre. Ainsi certains hommes ont tentés de pratiquer une activité de loisirs ou de nombreuses femmes éiaent présentes. Beaucoup de femmes ont fait l’expérience « malheureuse » de rencontres sur des sites avec de pseudo célibataires (en fait des hommes mariés), des hommes préoccupés uniquement par la « consommation » et non la construction d’une relation durable.
On observe une très large variation des déclarations et des positionnements selon que l’on se base sur les déclarations par questionnaires ou lors des entretiens et au cours de l’enquête de terrain.
A suivre….